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Net_ar(chivis)t

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Net_ar(chivis)t
~ Rangé dans : Thèse
∞ Publié le 23 mars 2019
http://news.vincent-bonnefille.fr/2019/03/23/net-archivist/
PDF auto-généré et (donc) partiel

Les institutions qui promeuvent et diffusent de l'art contemporain produisent un certain type de média de masse, accessible à des publics établis ou produits, plus ou moins ciblés et induits. Intéresser une population autour d'une thématique pédagogique signifie que le commissariat d'expostion a une certaine vision, une projection narrative, un ensemble théorique que le corpus d'œuvres_artistes vient soutenir. Ces expositions sollicitent des registres spécieux, appuient par les œuvres contemporaines un certain état de ce qui est fait et à faire, ce qui est en devenir.

Les espaces d'exposition sont tout comme les humains qui les habitent, soumis à des élasticités vatriables, à des tolérences induites ou acquises à des normes, à des seuils de liberté et d'extraversion variables. Les activités qui sont admises et favorisées en public peuvent être bien diférentes des espaces domestiques et privés. Les sociétés évoluent et les meurses punissent avec plus ou moins de fermeté les comportements déviants de la norme établie par des lois supposées ou un bon sens acquis. L'un des enjeux de la paix sociale est bien de faire valoir une norme, un étalon, une mode identifiée comme médiane.

Les médias artistiques (à physicalité variable), soutenus par des régions, des institutions, des individus, des comissions, des intérêts privés, ces organes qui produisent et promeuvent l'art travaillent à la redéfinition de ce qui est artistique. La réalité est totologique. Entant qu'organe médiatique alternatif et souvent perçu comme minoritaire, le milieu artistique, promeut une certaine culture. J'ai le sentiment que les scènes artistiques sont moins ces moments de l'experimentation et du débordement qu'ont pu porter des mouvements tels fluxus. L'art est devenu dit-on encore l'un des véhicules de capitaux colossaux, de placements spéculatifs, d'un certain excès contractuel dans la désignation communautaire d'étalons, de croyance en ce qu'est l'art.

Les espaces de monstration varient et les missions muséales sont bien diférentes selon qu'on parle d'un musée nationale, d'une galerie, d'un centre culturel. La proximité, le terrain, le public, les dépendances ne sont pas les mêmes. Plusieurs traditions de créations forment des régimes de production artistique. Certains artistes produisent emprintes des langages techniques pour crée des objets et designs originaux ; d'autres des hypothèses et prototypes idéalistes, hybrides dans leur fonctions et leur devenir utilile  ; d'autres viennent plus proche décrire ou sensibiliser le réel.

Les gestes de documentation et d'archivage sont de plus en plus communs dans nos usages perceptifs quotidiens. Nous archivons, nous sommes archivés, la perénité relative de ces fragments nous apprenons ou non à en reconnaitre la fiabilité tengible à travers le temps, à concevoir leur volatilité et notre accès à ces fragments. Nos archives ne souffrent pas du même serieux, elles sont plus ou moins nécessaires ou futiles. Mais nous archivons, la numérisation et les supports plastiques_minéraux que nous utilisons nous habituent de plus en plus jeunes à cette persistance de l'écriture_image_vidéo.

Les artistes ne font pas qu'archiver et rendre comte de leurs vies propres, l'artiste entant qu'œuvre, l'art entant que vie, sont des cas particuliers dans le monde de l'entreprenariat artistique. Mais, donc, les artistes archives, rapportent et maintiennent des états qui vont pouvoir resister aux dispositifs d'expositions, à leur longévité. Quand je suis dans un espace d'exposition je ne suis pas collectioneur d'art, j'ai une pratique contemplative ou d'un promeneur penché sur des mondes ouverts à mon interprétations. Des installations et œuvres sont plus pensées comme éléments narratifs, comme séries dialogiques, discurssives d'une certaine réalité plutôt que comme éléments de spéculation financière ou de mode esthétique.

Les artistes ne font pas qu'archiver, ils recherchent, ils agencent des formes, des fragments de discours. Et, comme les outils de l'auto archivage sont dans nos mains, que nous pocedons presque tous et toutes des appareils dont la puissance de calcule nus dépasse, comme nous produisons des traces et des coutumes vernaculaires, les artistes ont tôt fait de s'y interesser. Soit que cette matière les touchent entant qu'artistes_vivants ou qu'ils aient le sens ou l'intuition qu'un geste ou une pratique perçue chez l'autre avait une raisonance, un sens le dépassant lui-même.

Un artiste ressent et pense des gestes plus ou moins extérieurs à son vécu. Que les artistes contemporains s'emparent des médias et technologies d'Interenet, de ce qu'ils produisent, n'a rien d'étonant. Qui plus est, le fait qu'ils viennent rencontrer ou narrer d'autres mondes, des pratiques vernaculaires spécifiques découvertes en ligne, n'a rien d'étonant. Les pratiques exploratoires et prototypères, l'invention et expérimentation de formes et d'outils_techniques, fait partie des besoins artistiques.

La transculturalité et le glanage, la réutilisation et la référence font d'autant plus partie du vocabulaire artistique que les Internet ont promuent les pratiques de la réutilisation et dégradation de l'original plus un moins identifié, du remix et du mashup. Une certaine revesibilité et plasticité du numérique qui, dans d'autres gestes, rendent pareillement indollores les concéquences de nos pratiques sociales gérées et implémentées par des algorythmes permettant de centraliser et d'acroitre certains pouvoirs. Des dispoitifs qui transforment notre perception et acces au réel avec plus ou moins d'imédiateté et diversion.

Ainsi, déplacer ou copier ces pratiques hors de leur média d'origine pose problème. Tout média poccède ses caractéristiques de support_interface et d'usage_accès. Les critiques un peu dépassées du Net Art ou des pratiques dites de Post-internet ont fait du bruit à ce sujet : l'art en galerie ne peut représenter la réelle teneur d'une œuvre originalement produite, pensée, accessible en ligne. Comme si, surtout, le média populaire qu'est Internet, surtout le web, ne pouvait être compaatible avec l'économie de la monstration artistique en galerie. Deux systèmes et modes d'existance s'opposent en effet avec ces critiques manifestes.

Ce pas du numérique inteface_utilisateur dans l'espace de la galerie a bien entendu accentué le fait d'une culture de l'interactivité et de l'imédiateté où la figure du regardeur est à priori dépacée pour faire place à un public habitué à intervienir, à meubler et évaluer les éléments graphiques à sa portée. L'inter-activité sort le spectateur de sa passivité et induit un autre espace relationel et reflexif. Mais ce que je voulais introduire ici c'est avant tout le fait que ce que les artistes rapportent d'Internet, la façon qu'ils ont de transmédiatiser des contenus, de les rapporter et de les identitifer comme particuliers au sein d'un ou plusieurs ensembles (plus ou moins uniques dans une écologie souvent sérielle du fait de la reproductibilité_copie des gestes), la façon qu'ils ont de produire un récit de ces usages et techniques, de les scénariser dans des espaces privés-publics rend compte d'existants.

Et on pourrait se demander si ces pratiques extractivistes chères aux capitalismes ne poursuivent pas essentiellement la nécessité de faire émerger des réalités construites et d'avancer ainsi des hypothèses de leur construction ? Ce qui est exposé c'est certes à chaque fois un fragment d'un monde (dans notre monde), une étrangeté située, mais c'est aussi l'affirmation qu'une minorité existe, constituée autour d'un commun, d'un ensemble porté par des technologies plus ou moins à l'origine de ces originalités fortuites ou produites, aménagées, travaillées, par l'artiste.


C'est bien plus d'ailleur à mon sens la muséologie, l'organisation logique d'un parcours narratif et pédagogique qui assoit la compréhension des œuvres au sein d'expositions qui font rarement l'économie de l'explication et du mystère afin de s'assurer que le message soit transmis au spectateur_visiteur. Je pointe encore une fois un aspect de communication qui à mon sens limite le champ exploratoire de l'art amdinistré, modéré. Et si je reviens sur ce point cest que cette médiaiton et, son appareillage aparent, fait écho aux problématiques de gouvernementalité et de conttrôle sur les espaces médiatiques en ligne.